Comprendre les Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise, qui peut en recevoir, comment les chiffres tombent à la sortie, et les pièges qui coûtent cher.
19 mai 2026 6 min
Auteur
Louis L.
Rédigé avec l'aide de l'IA
En 2 phrases
Les BSPCE sont une formule 100 % française qui permet à une startup d’offrir à un salarié ou
dirigeant le droit d’acheter plus tard des actions à un prix fixé aujourd’hui. Si la boîte décolle,
c’est un des leviers fiscaux les plus avantageux du droit français ; si elle plante, le bénéficiaire
n’a rien payé et ne perd rien.
10 000 BSPCE attribués à 1 €, vesting 4 ans / cliff 1 an, cession à 50 € l'action : plus-value de 490 000 €.
Qui peut émettre, qui peut recevoir
Tout le monde ne peut pas jouer. Côté société : les BSPCE sont réservés aux sociétés par actions
(SA, SAS, SCA) soumises à l’IS, non cotées ou cotées sous un certain seuil de capitalisation,
créées depuis moins de 15 ans, et dont le capital est détenu à au moins 25 % par des personnes
physiques (directement ou via holding).
Côté bénéficiaire : les salariés (CDI, CDD, temps plein ou partiel) et les dirigeants « assimilés
salariés » : président et directeur général de SAS, membres du directoire de SA. Depuis la loi
PACTE (2019), les mandataires sociaux non-salariés (administrateurs, membres du conseil de
surveillance) peuvent aussi en recevoir, sous conditions plus strictes.
Comment ça marche, avec un exemple chiffré
Reprenons l’exemple du schéma : une société attribue 10 000 BSPCE à un prix d’exercice de 1 €
(fixé le jour de l’attribution, il ne bougera plus).
T0 : Attribution. Le bénéficiaire ne paie rien. Le prix d’exercice (1 €) est gravé dans le
marbre, quelle que soit la valorisation future.
T+1 an : Cliff. Rien n’est acquis avant cette date. Au cliff, 25 % d’un coup (2 500 BSPCE)
deviennent exerçables.
T+4 ans : Vesting complet. Les 75 % restants se sont débloqués progressivement (souvent
mensuellement). Les 10 000 BSPCE sont exerçables.
T+5 ans : Exercice et cession. La société est rachetée, l’action vaut 50 €. Le bénéficiaire
paie 10 000 × 1 € = 10 000 € pour lever ses actions, puis les revend 10 000 × 50 € = 500 000 €.
Plus-value : 490 000 €.
La fiscalité en détail
Sur une plus-value de 490 000 €, la différence entre 30 % et 47,2 % représente 84 280 € d'impôt en plus.
La plus-value de cession (prix de vente − prix d’exercice) est imposée comme une plus-value
mobilière classique, pas comme un salaire : c’est tout l’intérêt du dispositif. Le taux dépend
d’une seule variable : ton ancienneté dans la société au moment de la cession.
3 ans d’ancienneté ou plus : 12,8 % d’impôt sur le revenu (PFU) + 17,2 % de prélèvements
sociaux = 30 % au total. Sur les 490 000 € de l’exemple : 147 000 € d’impôt, il te reste
343 000 €.
Moins de 3 ans d’ancienneté : le taux d’IR grimpe à 30 % (au lieu de 12,8 %), soit 47,2 %
au total. Sur le même exemple : 231 280 € d’impôt, il te reste 258 720 €.
Aucune charge sociale (cotisation) supplémentaire dans les deux cas : seuls les prélèvements
sociaux s’appliquent. À comparer à un salaire équivalent, taxé et cotisé à plus de 55 % au global
une fois cumulés le barème de l’IR et les charges sociales.
Pièges classiques
BSPCE, BSA ou AGA : lequel choisir
Les trois instruments répondent à des situations différentes :
BSPCE Instrument fiscal français qui donne à un salarié ou dirigeant le droit d'acheter plus tard des actions à un prix fixé aujourd'hui, avec une fiscalité allégée à la cession. : le bon choix par défaut pour un salarié ou
dirigeant assimilé salarié d’une jeune société française. Le bénéficiaire ne paie rien à
l’attribution, la fiscalité à la sortie est la plus douce des trois.
BSA Droit d'acheter à terme des actions à un prix fixé d'avance. Plus généraliste que les BSPCE, ouvert aux non-salariés. : seul instrument ouvert aux non-salariés
(freelances, advisors, partenaires). En contrepartie, le bénéficiaire doit en général acheter le
bon lui-même, sous peine de requalification en salaire.
AGA Attribution d'actions sans contrepartie financière à des salariés ou mandataires d'une société par actions, soumise à une période d'acquisition d'au moins 1 an. (actions gratuites) : pas de prix à payer par le
bénéficiaire, mais la société paie une contribution patronale de 20 % à l’acquisition, plus
coûteux pour elle. Utile pour récompenser un employé clé déjà installé, plutôt qu’un nouvel
arrivant.