Sortie d'un associé : comprendre la clause de leaver (good/bad leaver)

Ce qui se passe concrètement quand un cofondateur part : ce qui distingue le sort des parts non-vestées de celui des parts vestées, et pourquoi la clause doit être écrite avant, jamais pendant la crise.

4 août 2026 5 min

Auteur

Louis L.

Rédigé avec l'aide de l'IA

En 2 phrases

La clause de leaver décide ce que devient la part d’un associé qui quitte la société. Sans elle, un cofondateur qui part garde toutes ses parts, quelle que soit la raison de son départ — un risque que le pacte d’associés doit anticiper.

Deux mécanismes qui se cumulent, pas un seul

C’est le point le plus souvent confondu : le sort des parts d’un associé qui part dépend de deux mécanismes séparés, pas d’un seul.

  1. Le vesting détermine d’abord quelle fraction des parts est vestée au jour du départ (voir l’exemple chiffré de ce guide).
  2. La leaver clause détermine ensuite, seulement pour la fraction vestée, à quel prix elle est rachetée — selon que le départ est qualifié de good ou bad leaver.

Les parts non-vestées, elles, ne rentrent jamais dans ce débat : en reverse vesting , elles sont systématiquement rachetées à leur valeur nominale, good leaver ou bad leaver, puisqu’elles n’ont jamais fini de s’acquérir.

Sur 10 000 actions dont 6 250 vestées au départ, la qualification good/bad leaver ne s'applique qu'aux 6 250 — l'écart de valorisation peut dépasser 490 000 €.

Un exemple chiffré, dans la continuité du vesting

Reprenons l’associée du guide sur le vesting : 10 000 actions (40 % du capital), qui quitte la société au mois 30 avec 6 250 actions vestées et 3 750 non-vestées. La société est valorisée 2 M€ lors de son dernier tour, sur une base de 25 000 actions (donc 80 € par action).

  • 3 750 actions non-vestées : rachetées à la valeur nominale (par exemple 1 €/action, soit 3 750 €), quel que soit le motif du départ. C’est le mécanisme du reverse vesting, pas de la leaver clause.
  • 6 250 actions vestées, qualification good leaver : rachetées à leur valeur réelle, soit 6 250 × 80 € = 500 000 €.
  • 6 250 actions vestées, qualification bad leaver : rachetées à une valeur fortement décotée — souvent la valeur nominale elle aussi, soit 6 250 × 1 € = 6 250 €.

L’écart entre les deux qualifications dépasse ici 490 000 € sur les seules parts vestées. C’est précisément pourquoi la frontière entre les deux ne peut pas rester floue.

Good leaver vs bad leaver

  • Good leaver : départ pour une raison non fautive — invalidité, décès, licenciement sans cause réelle, ou parfois démission après une durée minimale. L’associé conserve le bénéfice de la valeur réelle sur ses parts vestées.
  • Bad leaver : départ pour faute grave, démission précipitée sans raison légitime, ou violation d’engagements contractuels (non-concurrence, exclusivité). Les parts vestées sont rachetées à une valeur fortement décotée, pour dissuader les départs opportunistes juste après un cap important (levée, cliff, milestone).

Comment fixer le prix de rachat

Le pacte doit prévoir une méthode de valorisation objective plutôt qu’un chiffre fixe qui deviendra vite obsolète :

  • Dernière valorisation post-money : la référence la plus simple quand une levée a eu lieu récemment (moins de 12-18 mois).
  • Multiple du chiffre d’affaires : utile en l’absence de levée récente, à condition de fixer le multiple sectoriel à l’avance dans le pacte, pas de le négocier au moment du départ.
  • Expert indépendant : nécessaire quand aucune levée récente n’existe et que les parties ne s’accordent pas sur un multiple — le pacte doit prévoir qui le désigne et qui paie ses honoraires.

Pourquoi l’écrire avant, jamais pendant

Négocier une clause de leaver au moment où un associé annonce son départ revient à négocier en position de faiblesse — les intérêts des deux parties sont alors directement opposés. Une clause écrite dès la création, quand personne ne sait encore qui partira, protège tout le monde équitablement.

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