Auteur
Louis L.
Rédigé avec l'aide de l'IA
En bref
Chercher un cofondateur, c’est un recrutement, le plus important que tu feras. L’enjeu (equity, co-décision, engagement de plusieurs années) est plus lourd que n’importe quelle embauche, donc le process doit être meilleur qu’un recrutement normal, pas plus léger.
Ce guide est la version opérationnelle : comment monter et faire tourner le pipeline. Comment trouver un cofondateur cadre la décision (as-tu besoin d’un cofondateur, où chercher, comment évaluer), ici, on parle de la machine.
Écris la « fiche de rôle » avant d’ouvrir le pipeline
Comme une fiche de poste, mais pour un cofondateur. Sur une page :
- La mission : ce que cette personne portera, seule, sur les deux prochaines années.
- Les compétences : précises et vérifiables (« concevoir seul un back-end qui tient la charge », pas « profil technique »).
- L’engagement attendu : temps plein immédiat ou transition, rémunéré ou non, durée.
- La fourchette d’equity et le vesting : une fourchette + « vesting 4 ans / cliff 1 an », pas un chiffre gravé.
- Tes non-négociables : lieu, éthique du projet, rythme.
Cette page sert de grille de tri et de base pour ton annonce.
Construis le pipeline
Ouvre plusieurs canaux en parallèle (réseau élargi, communautés sectorielles, plateformes, événements) et vise du volume dès le départ. Ordres de grandeur pour une association signée :
Suis tout ça dans un tableau simple (un mini-CRM) : nom, canal, statut (contacté / échangé / entretien / test / écarté), date de la prochaine action, notes. Sans ça, des pistes refroidissent et tu ne t’en aperçois qu’un mois trop tard.
« Sourcer », ça veut dire aller chercher, pas attendre les réponses à ton annonce : repérer des personnes précises (contributeurs open source, intervenants de meetups, ex-collègues de collègues), et leur écrire individuellement. Les meilleurs profils ne répondent pas aux annonces : ils sont déjà occupés.
Tiens une cadence
Un recrutement prioritaire se travaille chaque semaine, pas quand tu y penses.
- Bloque 2 à 3 heures par semaine dédiées au sourcing et aux relances.
- Une seule relance, à J+4, puis tu passes à autre chose.
- Ne laisse jamais un bon échange sans prochaine étape datée à la fin de l’appel.
- Vise 8 à 12 nouvelles prises de contact par semaine tant que le pipeline n’a pas 3 profils sérieux en parallèle.
Structure le funnel d’entretiens
Utilise les mêmes questions pour tout le monde : c’est ce qui rend les candidats comparables.
- Premier échange (30 min) : fit projet, fit mutuel, niveau d’intérêt réel. Tu élimines ou tu avances.
- Entretien de fond (1 h) : les quatre dimensions de Comment choisir son associé : gestion du désaccord (provoques-en un), rapport au risque financier, ambition pour le projet, capacité à tenir un engagement long.
- Références : deux ou trois personnes qui ont travaillé avec la personne, pas ses amis.
- Test grandeur nature : l’étape décisive (section suivante).
Juste après chaque entretien, note la personne de 1 à 5 sur chaque dimension, avant que l’impression générale (ou un beau CV) n’écrase les détails. C’est ce qui te permettra de comparer trois candidats à froid deux semaines plus tard.
Fais avancer deux ou trois finalistes en parallèle
Ne traite pas les candidats en série : « j’évalue celui-là à fond, si ça ne marche pas je passe au suivant ». Fais monter deux ou trois profils ensemble jusqu’au test. Sans alternative réelle au moment de décider, la tentation de se rabattre sur le seul candidat restant est trop forte.
Le test, c’est la période d’essai
2 à 6 semaines sur un vrai problème du projet, avec un livrable daté et (comme pour un recrutement) une grille d’évaluation définie à l’avance : rythme et respect des engagements, qualité de la communication, capacité à trancher dans son périmètre, envie de continuer.
Termine par une décision go / no-go datée. Un test qui s’éternise sans conclusion est un no-go déguisé.
La « lettre d’offre » avant les statuts
Avant de lancer l’avocat et les statuts, récapitule par écrit ce sur quoi vous êtes d’accord : rôle et périmètre de décision, pourcentage, vesting, salaire ou différé, et ce qui reste à cadrer. C’est là qu’on dit oui, pas à la signature des statuts. Ça évite les mauvaises surprises au moment où c’est le plus cher à corriger.
Ce qu’un recrutement classique ne t’apprend pas
- C’est réciproque. Le candidat t’évalue autant que l’inverse : ton go-to-market, ta culture technique, l’équité de ton offre, ton engagement réel.
- Pas de retour arrière simple. On ne « met pas fin à la période d’essai » d’un cofondateur comme d’un CDI : d’où le vesting et le pacte d’associés.
- Le closing se joue ailleurs. Un bon profil a d’autres options. Ce qui le décide, c’est la vision, l’equity et toi, pas un package.